19 June 2013

Insomnie dominicale

Il est 23h00, nous sommes dimanche soir. Je fais ma routine du dodo, j’ai tamisé la lumière ambiante depuis déjà 2 heures. J’ai éteins la télévision, ouvert la fenêtre de ma chambre, revêtis mes vêtements pour dormir, me suis lavé les dents et je m’adonne à la lecture d’un roman policier plutôt ennuyant, tout ce qu’il faut pour que mon cerveau l’oublie vite, une fois la tête sur l’oreiller et les yeux fermés. Je dépose le livre sur ma table de chevet, ferme la lumière, défais ma literie et me couche. À ce moment, loin de trouver la détente, prélude à une bonne nuit de sommeil, je suis pleinement éveillé sur mon matelas, les idées et pensées se bousculent dans ma tête et je suis incapable de faire ma petite voix intérieure. Je reste dans mon lit et persiste en me disant que Morphée finira bien par venir me chercher. Or il n’en est rien. Je me mets à tourner d’un bord, puis de l’autre, en alternance. Plus je cherche le sommeil, plus on dirait qu’il s’éloigne. Première chose que je sais, il est rendu minuit, puis 1 heure du matin, ensuite 2h00 et toujours pas l’ombre d’un endormissement en vue. Pourtant, les autres jours de la semaine, dès que je dépose ma tête sur l’oreiller, je m’endors l’âme en paix, mais étrangement pas le dimanche soir. Cette situation vous rappelle-t-elle quelque chose?

Cette forme d’insomnie souvent appelée «Insomnie du dimanche» semble toucher beaucoup d’étudiants et de travailleurs, sans toutefois que l’on ait de données précises sur l’ampleur et la gravité de cette problématique. Les chercheurs commencent à peine à s’intéresser au phénomène. Pour l’expliquer, deux hypothèses complémentaires sont émises. En premier lieu, il y aurait un dérèglement de notre cycle circadien ou si vous préférez de notre horloge interne. En général, les gens se couchent les soirs de la semaine à la même heure pour se réveiller le matin à la même heure. Mais qu’est-ce qui arrive souvent lorsque le week-end arrive? On veille plus tard et on fait la grasse matinée pour rattraper le déficit de sommeil accumulé au cours de la semaine. C’est comme si la semaine, on suivait le fuseau horaire de Paris et un autre le week-end. Ainsi, si le dimanche soir, on va au lit à 23h00, mais que le vendredi soir et samedi, on est allé au lit à 3h00 du matin, l’horloge interne ne sait plus à quels indices de son environnement elle doit se fier. Elle est en quelque sorte dérèglée. Pour le corps, il était en mode veille lors des deux soirs précédents à 23h00 et soudainement, le dimanche soir, on lui dit que 23h00 correspond à l’heure de l’endormissement. Et comme le corps demande un certain temps avant de s’adapter, le dimanche soir, il «comprend» qu’il doit en mode veille à cette heure-là.

L’autre aspect, est que de nombreuses personnes développent aux fils des années une forme d’anxiété du dimanche soir. Elles s’inquiètent de la semaine à venir, des choses qu’elles auront à faire, du travail et font toutes sortes de scénarios anxiogènes. Et comme cela devient un cercle vicieux, au moment du coucher, elles fixent le plafond et angoissent, transformant le lit d’un endroit relaxant et calmant en endroit où on ne dort pas, donc source de stress.

Ceux qui ont lu mes autres articles doivent avoir une idée des solutions. Tout d’abord, il est primordial de garder le même rythme de levés et couchés, et ce, toute la semaine. Donc, on va au lit à la même heure TOUS les soirs et on quitte le lit à la même heure TOUS les matins. Par association, le cerveau se mettra automatiquement en mode éveil ou endormissement, selon l’heure. Évidemment, ces conseils ne s’adressent qu’à ceux qui sont particulièrement sensibles à l’insomnie du dimanche soir et qui veulent corriger le problème. L’autre alternative lorsque le sommeil ne vient pas est de sortir du lit et faire une activité calme jusqu’à ce que vous sentiez la fatigue revenir. Ce que je suggère en général est de tenir un journal intime. Ainsi, vous couchez sur papier toutes les idées, pensées, angoisses, situations qui vous stressent et qui vous gardent en mode veille. En général, c’est un exercice très exutoire, une fois toutes vos préoccupations écrites, laissez votre journal intime en dehors de la chambre et les pensées qui vous hantaient sécher sur une page.

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Je vous souhaite donc une bonne nuit,

Cordialement,

I.-Simon Tremblay B.sc, BAA, MBA   

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