La question posée reflète deux écoles de pensées que l’on rencontre dans la littérature scientifique concernant les bienfaits ou non de pratiquer la sieste pendant la journée lorsqu’on est insomniaque. Dans ce court article, je vais tenter de faire la part des choses et présenter les argumentaires des uns et des autres dans ce domaine. Pour plusieurs scientifiques, réintroduire la sieste d’après-midi (entre 13h00 et 16h00) au sein de tous les groupes d’âges de nos sociétés occidentales et surtout dans les milieux de travail est une évidence. On tente alors de démontrer que cette pratique est saine par le fait qu’elle est pratiquée dans de nombreux pays du sud, notamment en Amérique Latine. On affirme aussi d’emblée que faire une sieste permet à l’organisme de retrouver la forme, de diminuer le stress, d’améliorer la concentration, restructurer les facultés cognitives, améliorer la mémoire et le rendement général des travailleurs et professionnels qui s’y adonnent. Elle réduirait aussi le nombre d’accidents routiers et serait bonne tant pour le système digestif que le système cardiovasculaire. Idéalement, il faudrait trouver un endroit calme et aéré et se détendre de 5 minutes à 1h30 selon les auteurs que l’on consulte. La plupart affirme du même souffle qu’advenant le fait que l’on ne trouve pas le sommeil pendant cette période, juste le fait de se calmer, fermer les yeux, se concentrer sur soit et se reposer quelques instants aurait aussi ces mêmes effets positifs. Finalement, on argue souvent, et cela est vrai, que dans les sociétés occidentales, on dort environ 1h30 de moins maintenant qu’il y a 50 ou 60 ans et qu’il doit nécessairement y avoir un effet de cette « dette de sommeil« accumulée.
Je pense effectivement qu’il doit assurément y avoir des impacts à cette privation de sommeil. D’ailleurs, près de la moitié des Français et la même proportion doit se retrouver au Canada, se plaigne de ne pas assez dormir. Bien que cette affirmation soit subjective en elle-même, elle n’est pas dépourvut de sens et c’est la raison pour laquelle je suis en faveur de la sieste chez ceux qui doivent conduire longtemps ou à des heures inappropriées, chez certains travailleurs de nuit ou encore chez les personnes âgées. Cette dernière peut être aussi recommandée pour les individus n’ayant pas de problèmes d’endormissement le soir venu ou dans le cas de certaines pathologies comme la narcolepsie.
Néanmoins, je conserve quelques réserves à propos de la sieste d’après-midi pour plusieurs plusieurs personnes, et ce, peu importe sa durée. Tout d’abord, elle ne peut s’appliquer uniformément à tous les humains. Nous sommes trop différents, nos modes de vie, nos situations sont trop variables, pour pouvoir recommander à l’ensemble, de faire la sieste.
C’est le cas chez les insomniaques où je la déconseille fortement. Premièrement, bien que certains chercheurs prétendent que cette sieste suit le rythme de notre horloge biologique, d’autres au contraire, affirment que cette période de repos diurne vient interférer avec notre rythme circadien naturel d’éveil et de sommeil. Ensuite, un peu comme une évidence, plus on demeure éveillé sur une longue période, meilleures sont nos chances de trouver les bras de Morphée la nuit suivante. Pour conclure, une sieste faite trop tardivement en après-midi ou en début de soirée aurait comme conséquence « d’emprunter« du sommeil de la nuit à venir et principalement du sommeil profond (stades 3 et 4) qui surviennent surtout dans la première moitié de la nuit et qui est indispensable à la récupération de l’organisme.
J’espère avoir pu contribuer à votre réflexion sur la question. Si vous avez apprécié l’article, je vous invite à cliquer sur le bouton « J’aime« de Facebook.
Cordialement,
Simon Tremblay


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